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Société & Transports Martinique

Transports en Martinique : un système à bout de souffle pendant que les usagers trinquent

today10/05/2026 9

Arrière-plan
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En Martinique, il ne se passe presque plus une année sans crise dans les transports publics.
Grèves à répétition, débrayages, droits de retrait, lignes supprimées, usagers abandonnés sur les arrêts… le chaos semble devenu normal.

Et à chaque blocage, le même scénario se répète :

  • la population subit,
  • les responsables se renvoient la faute,
  • puis tout recommence quelques semaines plus tard.

Mais derrière ce fiasco permanent, qui porte réellement la responsabilité ?

La CTM décide, la CACEM organise, les entreprises exploitent… mais plus personne ne semble piloter

  • Le système des transports publics martiniquais est devenu si complexe que beaucoup de citoyens ne savent même plus qui fait quoi.
  • La Collectivité Territoriale de Martinique fixe les grandes orientations politiques et finance une partie du système.
  • La Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique, via Martinique Transport, organise le réseau sur le territoire du centre : lignes, dessertes, fonctionnement global.
  • Mais sur le terrain, ce sont des entreprises privées délégataires qui exploitent réellement les bus et emploient les salariés.

Résultat : quand le système s’effondre, chacun se défausse sur l’autre.

  • Les élus accusent les exploitants.
  • Les exploitants accusent le manque de moyens.
  • Les syndicats dénoncent les directions.
  • Et au final, personne ne semble véritablement responsable du désordre quotidien vécu par la population.

Des grèves devenues presque permanentes

Le problème aujourd’hui n’est plus une grève exceptionnelle. Le problème, c’est la répétition. À force de conflits sociaux réguliers, une partie de la population a fini par intégrer l’idée qu’en Martinique, prendre le bus relève presque de l’incertitude permanente.

  • Comment construire une économie moderne quand des milliers de salariés ne savent même pas s’ils pourront se rendre au travail ?
  • Comment parler d’égalité sociale quand des étudiants ratent des cours ou des examens à cause de réseaux paralysés ?
  • Comment encourager les transports publics quand le service devient imprévisible ?

Un service public essentiel ne peut pas fonctionner sous la menace constante du blocage.

Le paradoxe martiniquais : les taxis collectifs assurent le service tous les jours

Et pendant ce temps, une autre réalité saute aux yeux : les taxis collectifs, eux, continuent de rouler.

Critiqués depuis des années, parfois considérés comme “anciens” ou “désorganisés”, les chauffeurs de taxis collectifs assurent pourtant, chaque jour, une continuité de service que beaucoup d’usagers considèrent aujourd’hui comme plus fiable que certains réseaux publics modernes.

  • Pas de paralysie générale tous les mois.
  • Pas de réseaux totalement à l’arrêt pendant plusieurs jours.
  • Pas d’usagers abandonnés massivement.

Alors évidemment, le modèle du taxi collectif a aussi ses limites : vieillissement du secteur, manque de structuration, problèmes d’horaires ou de confort parfois.
Mais une question dérangeante mérite d’être posée :

Comment un système artisanal arrive-t-il parfois à mieux fonctionner qu’un réseau public financé par des millions d’euros ?

Une crise de gouvernance globale

Le vrai problème de la Martinique n’est peut-être pas seulement le transport.
C’est la gouvernance globale.

  • Trop de structures.
  • Trop d’intervenants.
  • Trop de responsabilités diluées.
  • Et au final, plus personne ne répond concrètement aux usagers.

Pendant que les institutions débattent, que les entreprises négocient et que les conflits s’enlisent, les Martiniquais continuent de payer :

  • Heures de travail perdues,
  • Rendez-vous médicaux manqués,
  • Retards scolaires,
  • Fatigue,stress quotidien,
  • Dépendance accrue à la voiture.

Et la question devient de plus en plus brutale :

À quoi sert un service public de transport si la population ne peut pas compter dessus durablement ?

Parce qu’au bout du compte, ce ne sont ni les élus, ni les directions, ni les syndicats qui attendent des heures sous un abribus : Ce sont les usagers.

Par kambutcha magazine

Écrit par: Paul Julio

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