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Société & Jeunesse

JEUNESSE MARTINIQUAISE EN PÉRIL : JUSQU’À QUAND LE SILENCE ?

today15/05/2026 4

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En Martinique, le malaise de la jeunesse n’est plus un simple sujet de débat : c’est une urgence sociale, économique et sécuritaire. Chaque semaine apporte son lot de violences, de trafics, de règlements de comptes et d’images choquantes qui banalisent l’impensable. Les armes circulent désormais presque aussi facilement que la drogue, et certains quartiers vivent sous tension permanente.

Pendant ce temps, une partie de notre jeunesse dérive dans l’oisiveté, l’errance sociale et les pièges de la rue. Beaucoup de jeunes grandissent sans repères solides, exposés très tôt à la violence, à l’argent facile et à une forme de fatalisme inquiétant. Le phénomène n’est plus marginal. Il devient structurel.

Une responsabilité collective

La première responsabilité commence naturellement dans le cadre familial. L’éducation parentale joue un rôle fondamental dans la construction des valeurs, du respect, de la discipline et de la conscience citoyenne. Lorsque les repères s’effondrent à la maison, la rue prend souvent le relais. Et la rue, elle, n’éduque pas : elle recrute.

Mais réduire la crise actuelle à la seule responsabilité des familles serait hypocrite. Les pouvoirs publics ont également leur part de responsabilité dans l’abandon progressif d’une génération entière.

Depuis des années, les élus locaux multiplient les discours, les slogans et les promesses. Pourtant, sur le terrain, les résultats concrets tardent à apparaître. Où sont les grands plans de prévention durable contre la délinquance ? Où sont les véritables politiques d’insertion adaptées aux réalités martiniquaises ?

Des jeunes sans perspectives claires

Beaucoup de jeunes Martiniquais diplômés choisissent aujourd’hui de rester en France hexagonale ou à l’étranger. Non pas par manque d’amour pour leur pays, mais parce qu’ils ne croient plus en l’existence d’un avenir structuré en Martinique.

Le constat est brutal : absence de garanties, manque d’accompagnement, tissu économique fragile, peu de perspectives professionnelles durables. Nombreux sont ceux qui craignent de revenir pour échouer.

Pourtant, la Martinique possède des talents, des compétences et des ressources humaines considérables. Ce qui manque, ce sont des projets sérieux, cohérents et financés sur le long terme.

Quelles solutions concrètes ?

La situation actuelle exige autre chose que des discours émotionnels ou des opérations de communication. Il faut des actes.

1. Renforcer la prévention et la sécurité

Les collectivités doivent travailler avec l’État, les associations, les éducateurs et les forces de l’ordre afin de mettre en place de véritables politiques préventives contre la délinquance, le trafic de stupéfiants et la circulation des armes.

Prévenir vaut mieux que guérir. Il faut intervenir avant que les jeunes ne basculent définitivement dans les réseaux criminels.

2. Construire de vrais projets économiques pour les jeunes

Il devient urgent de développer des filières d’avenir adaptées aux réalités locales :

  • agriculture moderne et diversifiée,
  • métiers de la transition écologique,
  • numérique,
  • tourisme intelligent,
  • artisanat,économie maritime,
  • industries culturelles et créatives.

Ces projets doivent être reliés directement aux formations scolaires et universitaires afin d’éviter de former des jeunes pour des métiers inexistants sur le territoire.

3. Valoriser les terres inexploitées

Des terres restent abandonnées depuis des décennies alors que de nombreux jeunes seraient prêts à se former et à travailler dans l’agriculture moderne. Une politique de récupération et de redistribution encadrée pourrait créer de l’emploi, réduire certaines importations et redonner du sens à la production locale.

4. Créer des passerelles avec les entreprises

Les grandes entreprises et les acteurs économiques doivent être associés à une stratégie de développement de la jeunesse. Stages, incubateurs, financements, mentorats et accompagnement des jeunes entrepreneurs devraient être des priorités.

  • Des élus critiqués pour leur immobilisme

De plus en plus de Martiniquais dénoncent une classe politique davantage préoccupée par les mandats, les fonctions et les indemnités que par les véritables urgences du pays.

À la CTM comme ailleurs, les critiques se multiplient sur le cumul des responsabilités, les doubles ou triples casquettes, et le manque d’efficacité visible sur les grands dossiers sociaux.

Beaucoup de citoyens ont le sentiment que certains élus parlent énormément mais agissent peu. Les slogans remplacent les projets. Les conférences remplacent les résultats.

Quel avenir pour la Martinique ?

La vraie question dépasse les querelles politiques traditionnelles. Autonomie, indépendance ou maintien du système actuel : aucun statut ne sauvera la jeunesse sans vision, sans courage politique et sans travail concret.

L’avenir de la Martinique appartient aux générations qui arrivent. Encore faut-il leur transmettre des outils, des perspectives et l’envie de construire au lieu de survivre.

Une société qui abandonne sa jeunesse prépare sa propre chute.

Aujourd’hui, le peuple martiniquais attend autre chose que des effets de tribune ou des apparitions télévisées. Il attend des décisions fortes, des projets crédibles et une mobilisation générale.

Comme le dit ce slogan populaire revisité avec force : « Asé pléré, an nou lité ! »

Car pendant que certains discutent, une partie de notre jeunesse continue de sombrer. Et demain, il sera peut-être trop tard.

Écrit par: Paul Julio

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