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Martinique : Peuple assisté… ou un peuple maintenu sous dépendance ?

today20/05/2026 11 1

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Depuis des années, le mot “assistanat” revient sans cesse lorsqu’on parle de la Martinique. RSA, allocations, aides sociales, subventions : certains accusent une partie de la population de vivre sous perfusion de l’État français. Pourtant, cette vision simpliste occulte une réalité économique fondamentale que beaucoup refusent désormais de taire.

Car contrairement aux discours répétés depuis des décennies, ce sont aussi les Martiniquais eux-mêmes qui financent une grande partie de ces aides à travers leurs impôts, leurs taxes et leur consommation quotidienne.

Pour de nombreux citoyens, la Martinique ne serait pas un territoire “assisté”, mais un territoire maintenu dans une dépendance économique organisée, héritée d’un système colonial toujours présent sous des formes modernes.

Ce sont les Martiniquais qui financent le système mise en place.

On parle constamment du RSA et des aides sociales, mais beaucoup moins de l’argent colossal qui remonte vers l’État à travers la fiscalité imposée aux Martiniquais.

TVA, octroi de mer, taxes sur les carburants, cotisations sociales, impôts, charges diverses : chaque acte de consommation sur l’île génère des recettes énormes.

La vie en Martinique coûte extrêmement cher. Et cette vie chère profite directement au système fiscal français ainsi qu’aux grands groupes économiques (BEKES) qui dominent l’importation et la distribution avec la complicité de l’état français.

Autrement dit, une grande partie des aides redistribuées provient déjà de l’argent payé par les Martiniquais eux-mêmes.

Pour beaucoup, présenter le RSA ou les allocations comme de la “charité” de la France relève donc d’une manipulation politique et psychologique destinée à maintenir un sentiment de dépendance.

De nombreux Martiniquais estiment même que la Martinique est économiquement autonome depuis longtemps et que l’île ne devrait pratiquement rien coûter à l’État français au regard des richesses qu’elle génère.

Les colonies rapportent énormément à l’État français pour qui cet île ne doit rien leur couté…

Un autre sujet longtemps tabou revient de plus en plus dans le débat public : les territoires dits “d’outre-mer” rapporteraient davantage à l’État qu’ils ne lui coûtent réellement.

Entre :

  • la TVA extrêmement rentable ;
  • l’octroi de mer ;
  • les taxes sur les importations ;
  • les profits réalisés par les grandes entreprises ;
  • les cotisations sociales ;
  • les monopoles économiques ;
  • la consommation forcée de produits importés ;

la Martinique représente un marché particulièrement lucratif.

Pour beaucoup de citoyens, le maintien de la dépendance économique permet surtout à certains intérêts économiques de continuer à prospérer grâce à une population captive qui consomme massivement des produits venus de l’extérieur à des prix souvent exorbitants.

La vie chère : un système dénoncé sous domination des descendants esclavagistes.

La colère populaire vise également le maintien chronique de la vie chère. De nombreux Martiniquais dénoncent le poids des grands groupes économiques, souvent associés historiquement aux familles békés, qui contrôlent une partie importante de l’importation, de la grande distribution et des circuits économiques stratégiques.

Selon ces critiques, ce système verrouillé empêche une véritable concurrence locale et maintient artificiellement des prix très élevés sur l’île.

Résultat :

  • les salaires restent faibles ;
  • le coût de la vie explose ;
  • la dépendance aux aides augmente ;
  • les jeunes diplômés quittent le pays ;
  • la précarité s’installe durablement.

Dans ce contexte, beaucoup considèrent les aides sociales non pas comme une solution, mais comme un simple pansement permettant au système de continuer à fonctionner sans explosion sociale.

Une classe politique jugée impuissante, plus attirée par les mandats et carrières.

La défiance touche également les responsables politiques martiniquais.

Députés, sénateurs, élus locaux : une partie croissante de la population leur reproche de ne pas défendre suffisamment les intérêts économiques du pays et de rester dépendants des décisions prises à Paris.

Les critiques sont sévères :

  • absence de véritable politique de production locale ;
  • peu d’avancées sur la souveraineté alimentaire ;
  • dépendance continue aux importations ;
  • incapacité à faire baisser les prix ;
  • manque d’ambition économique pour la jeunesse ;
  • faible développement industriel et énergétique.

Beaucoup de citoyens ont le sentiment que les mêmes problèmes persistent depuis des décennies pendant que les responsables politiques se contentent de préserver leurs mandats et leurs privilèges.

Reprendre le contrôle économique de la Martinique

Face à cette situation, de plus en plus de voix réclament une véritable reconquête économique martiniquaise.

Les propositions reviennent souvent :

  • produire davantage localement ;
  • soutenir les agriculteurs martiniquais ;
  • favoriser les entreprises locales ;
  • développer les échanges avec la Caraïbe et l’Afrique ;
  • investir dans l’innovation ;
  • consommer martiniquais ;
  • réduire la dépendance aux importations.

Pour beaucoup, la véritable émancipation ne viendra pas d’une dépendance éternelle aux aides sociales, mais d’une économie pensée avant tout pour les intérêts des Martiniquais eux-mêmes.

Une question de dignité et de souveraineté

Au fond, le débat dépasse largement le RSA ou les allocations. Il touche à la dignité collective, à l’identité et au pouvoir de décider pour soi-même.

De nombreux Martiniquais refusent désormais l’image d’un peuple “assisté”, alors qu’ils estiment financer eux-mêmes une grande partie du système à travers les taxes et la consommation imposées par une économie sous contrôle extérieur.

Ce qu’ils dénoncent, ce n’est pas seulement l’existence des aides sociales, mais un modèle économique hérité de l’histoire coloniale qui maintient l’île dans une dépendance permanente.

La question devient alors centrale : comment construire une Martinique capable de maîtriser pleinement son économie, ses ressources et son avenir ?

Pour beaucoup, la réponse passera par une reconquête économique, culturelle et mentale tournée vers les forces locales, la Caraïbe et l’Afrique, plutôt que par la perpétuation d’un système où dépendance et vie chère semblent désormais fonctionner main dans la main.

Écrit par: Paul Julio

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