RMA Antilles – Le Son des îles
today20/07/2025 27 8
La justice est censée dire le droit. Mais aux Antilles, elle semble souvent dire celui des puissants, de Paris, et du système. Pour bien des Martiniquais et Guadeloupéens, la justice française n’est pas seulement lointaine : elle est méprisante, partiale, et politisée. Elle sert trop souvent de bras armé de l’État, plutôt que de rempart pour les citoyens.
Une justice coloniale dans l’âme ?
Il faut oser le dire : la justice française en Outre-mer reste marquée par une logique coloniale. Les magistrats sont envoyés depuis la France hexagonale, souvent sans connaissance réelle du contexte local, sans maîtrise du créole, sans écoute des réalités sociales. Les décisions tombent comme des couperets, souvent perçues comme déconnectées, parfois injustes, voire humiliantes.
Et pourtant, dans des territoires où l’histoire est marquée par l’esclavage, la répression et les luttes identitaires, la justice devrait être un outil de réparation et de confiance. Elle reste trop souvent un instrument de domination dans ces colonies ou le Code Noir y est toujours.
Quand l’État poursuit les militants, mais oublie les empoisonneurs ( Médaille de la Légion donnheur).
L’exemple le plus frappant reste celui du chlordécone. Ce pesticide toxique, interdit en France depuis les années 1990, a pourtant été autorisé en Martinique et en Guadeloupe jusqu’en 1993. Il a contaminé les terres, les eaux, les corps — provoquant une catastrophe sanitaire sans précédent.
Mais malgré les preuves, malgré les mobilisations populaires, les plaintes ont été classées sans suite en 2023, après 15 ans d’instruction. Le motif ? Trop de temps écoulé, trop peu de « preuves directes disparus » alors que tout est fait pour qu’il n’y aie pas de justice rendu a ce sujet et ne pas condanné les responsables qui ont leur entré à l’élysée …
Un scandale. Une insulte à la population.
Et dans le même temps, des militants antillais sont poursuivis pour avoir manifesté pour le vol de terre,corruption (Affaire PINTO) puis RPPAC la vie chére (Demande de judiciarisation du ministre de interieur de militants), bloqué un port, ou pris la parole contre l’injustice. Deux poids, deux mesures d’une justice en Martinique et Guadeloupe a deux vitesse.
Répression sociale : l’exemple des mobilisations sanitaires
Lors des mobilisations contre l’obligation vaccinale et le pass sanitaire en 2021-2022, la justice s’est montrée particulièrement sévère en Guadeloupe comme en Martinique.
Arrestations massives, peines rapides, poursuites systématiques… Loin de calmer les tensions, ces décisions ont renforcé l’impression d’une justice au service de l’ordre établi incapable d’entendre le cri d’une population en souffrance.
Une justice lente, inaccessible, opaque,pas la même selon la couleur de peau et le pouvoir financier.
Autre réalité concrète : le fonctionnement quotidien de la justice. Dossiers en souffrance, délais interminables, manque de greffiers, d’avocats, de magistrats permanents. Le système est à bout de souffle. Pour les plus démunis, c’est un calvaire. Pour les jeunes, une machine décourageante. Pour les élites locales, un outil qu’on apprend à contourner ou à manipuler selon les intérêts en jeu.
La défiance monte
Dans ce contexte, la défiance envers la justice est généralisée. Pas étonnant que beaucoup préfèrent régler leurs conflits « entre nous », par la parole, la médiation, ou même la rue.
Pas étonnant non plus que certains perçoivent la justice comme un théâtre cynique où le peuple est toujours perdant.
Une justice à reconstruire
Ce n’est pas d’une réforme cosmétique dont les Antilles ont besoin. C’est d’une refondation profonde de l’institution judiciaire, adaptée à nos réalités, enracinée dans nos cultures, et libérée des chaînes politiques parisiennes.
Tant que la justice française continuera à fonctionner à distance, à mépriser nos luttes, à protéger les puissants tout en condamnant les opprimés, elle restera, pour beaucoup, une vaste fumisterie politique.
Et tant que la vérité ne sera pas rendue sur les grands dossiers chlordécone, violences policières, mépris institutionnel la colère ne s’éteindra pas.
Par Kambutcha Magazine
Écrit par: Paul Julio
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