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« Décryptage politique »

À l’approche des municipales en Martinique, les mêmes élus recyclés promettent des miracles électoraux…

today17/02/2026 6

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Martinique : la valse des élus et l’usure de la démocratie locale

À l’approche de chaque scrutin municipal, la Martinique observe un phénomène désormais tristement familier : ceux qu’on ne voyait plus depuis des années surgissent comme des messies, promettant routes refaites, écoles rénovées, services réorganisés et lendemains radieux. Les mêmes visages, les mêmes promesses, les mêmes mensonges. Et derrière le théâtre de l’apparence, la réalité demeure inchangée : communes laissées en déshérence, jeunesse désorientée, services publics dysfonctionnels, pauvreté qui s’installe et se banalise.

Le pays n’a pas besoin de sauveurs, mais de responsables

La Martinique n’a pas besoin de héros électoraux saisonniers.
Elle a besoin de responsables constants.

Des élus qui travaillent hors période électorale.
Des élus qui rendent des comptes.
Des élus qui savent partir.
Des élus qui servent avant de se servir.

Cette valse électorale ne trompe personne. Pourtant, chaque mandat, chaque campagne, chaque discours, semble destiné à remettre en circulation les mêmes acteurs, les mêmes méthodes, les mêmes pratiques. Pour beaucoup, la politique locale est devenue un tremplin personnel, un outil de pouvoir et d’enrichissement, plutôt qu’un moyen de servir la population.

Changer de maire sans changer de système ne sert à rien

Changer un visage pour garder les mêmes pratiques ne changera rien.
Changer un parti pour garder les mêmes méthodes ne changera rien.
Changer un slogan pour garder le même mépris ne changera rien.

Ce qu’il faut, ce n’est pas un nouveau messie politique.C’est :
✔️ des comptes clairs,
✔️ des mandats limités,
✔️ des citoyens exigeants,
✔️ une presse indépendante,
✔️ des institutions locales contrôlées,
✔️ une population actrice, pas spectatrice.

Les illusions des “miracles électoraux”

Les campagnes se transforment en opérations de communication. Soudainement, des routes délabrées sont réparées, des façades repeintes, des places publiques nettoyées. Le miracle électoral s’opère : tout devient visible, immédiat, spectaculaire… mais superficiel.

Ce n’est pas un programme politique réfléchi. C’est du cosmétique. C’est un maquillage posé sur des décennies de négligence et d’abandon. Les citoyens savent bien que ces “actions visibles” ne sont que des écrans de fumée, destinés à séduire, tromper et faire oublier les années de promesses non tenues. Mais le piège fonctionne. La mémoire courte, la fatigue collective et l’absence d’alternative crédible permettent à ces pratiques de se reproduire sans cesse.

Des élus recyclés et l’absence de scrupules

Le plus frappant n’est pas seulement la répétition des mêmes visages, mais l’absence totale de honte. Ceux qui ont été accusés de corruption, de clientélisme ou de mauvaise gestion reviennent avec la même assurance, comme si l’échec et l’opacité étaient devenus des qualités.

Ces élus parlent de continuité, de sécurité et d’expérience. Mais leur expérience est celle de la défaillance : incapacité à anticiper, à gérer les finances locales, à protéger la jeunesse et à planifier le développement durable des communes.

Le cynisme est évident. La gamelle, le pouvoir et l’accès aux ressources publiques passent avant l’intérêt général. Les promesses sont recyclées, les slogans sont réutilisés, les discours sont copiés, et le peuple est invité à croire que demain sera meilleur grâce à ceux qui ont échoué hier.

La régression des communes : un bond en arrière de 60 ans

Pendant que certains s’enrichissent politiquement, souvent personnellement, les communes stagnent, voire reculent. Les infrastructures sont vieillissantes, les services publics inefficaces, l’insécurité en hausse, et le chômage persistant. Les jeunes fuient vers d’autres territoires, faute de perspectives.

On pourrait croire que la départementalisation et le statut français garantiraient une sécurité et une modernisation constantes. Mais ces dispositifs ont surtout créé une dépendance : les communes attendent des financements extérieurs, des programmes importés, des subventions parfois inefficaces, plutôt que de développer des politiques locales ambitieuses et autonomes. La Martinique, comme d’autres territoires ultramarins, s’enfonce dans une gestion centrée sur la survie quotidienne plutôt que sur le développement durable.

La politique locale transformée en mangeoire communale

La mairie, pour certains élus, n’est plus un instrument de service public : c’est une source de pouvoir et de profit. Le mandat ne devient plus un devoir, mais une opportunité. On place ses proches, on verrouille les marchés, on contrôle les ressources, on sécurise la prochaine élection.

Cette transformation est corrosive. Elle crée un système où la population est réduite au rôle de spectatrice, où la démocratie est vidée de sa substance, et où le vote devient un acte symbolique sans véritable impact.

La résignation comme moteur du système

La vraie force de ce système ne réside pas seulement dans les élus eux-mêmes. Elle réside dans l’acceptation collective.

On critique, on se plaint, on commente, mais on vote encore pour les mêmes, ou on s’abstient sans chercher à changer les règles. La colère est silencieuse, l’indignation est ponctuelle, et la résignation est devenue une norme.

C’est cette tolérance implicite qui permet à la valse des élus de continuer, qui permet aux mêmes pratiques de se reproduire, et qui rend toute alternative crédible difficile à construire.

Une crise morale plus que politique

Ce qui se joue à l’approche des élections municipales n’est pas seulement une crise de gestion. C’est une crise morale et sociale.

  • Ce que traverse le pays n’est pas seulement une crise de gestion.C’est une crise de valeurs.

  • Quand mentir devient normal.

  • Quand voler devient discret.

  • Quand l’échec devient une carrière.

  • Quand la commune devient un tremplin personnel.

alors la démocratie locale se fragilise. Les institutions sont vidées de leur sens. La confiance est détruite. La population, fatiguée, finit par accepter l’inacceptable.

Que faire pour inverser le cycle ?

Changer de visage, de parti ou de slogan ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est :

  • Des comptes rendus clairs et publics pour chaque mandat.
  • Des mandats limités, pour éviter l’enracinement et l’impunité.
  • Une population engagée, qui ne se contente pas de critiquer mais qui agit.
  • Une presse libre et indépendante, capable de dénoncer et d’informer.
  • Une vraie autonomie locale, pour que les communes puissent décider de leur développement.

La Martinique n’a pas besoin de “sauveurs” ponctuels. Elle a besoin de responsables constants, transparents et dévoués à l’intérêt général.

Conclusion : le vrai vote est un acte de mémoire

Les municipales ne devraient pas être une fête électorale.Elles devraient être un tribunal démocratique.

  • Chaque promesse doit être confrontée aux actes passés.
  • Chaque sourire doit être confronté aux bilans.
  • Chaque discours doit être confronté à la réalité.

Le véritable danger pour la Martinique n’est pas seulement l’abstention. C’est le vote sans mémoire, le choix de fermer les yeux sur l’histoire récente, le fait d’accepter que l’incompétence, la corruption et le mensonge restent les moteurs du système.

Tant que cette culture perdurera, les mêmes causes produiront les mêmes élus, et les mêmes élus produiront les mêmes ruines.

Paul Julio

Écrit par: Paul Julio

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