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Services publics

Transport en Martinique: De qui se moque-t-on ?

today19/07/2026 12 6

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Transport en Martinique : les élus  responsables de cette crise ne peuvent plus jouer les pompiers pyromanes.

Pendant des années, les usagers du transport public martiniquais ont alerté, dénoncé et parfois même manifesté. Ils ont signalé des bus qui ne passent pas, des retards quotidiens, des lignes supprimées, des correspondances impossibles et une organisation devenue incompréhensible. Ces alertes n’étaient ni des rumeurs ni des exagérations : elles traduisaient une réalité vécue chaque jour par des milliers de Martiniquais.

Aujourd’hui, ceux qui ont dirigé, organisé ou supervisé ce système se disent préoccupés par la situation. Ils appellent au calme, promettent des améliorations et demandent encore de la patience. Une posture qui interroge. Car cette crise n’est pas apparue du jour au lendemain. Elle est le résultat de choix politiques, administratifs et organisationnels qui se sont accumulés au fil des années.

Bien avant la mise en service du Transport Collectif en Site Propre (TCSP), les dysfonctionnements étaient déjà nombreux. Les difficultés de coordination entre les différents réseaux, les problèmes de gouvernance, l’absence de vision globale et les décisions repoussées ont progressivement fragilisé un service pourtant essentiel. Au lieu d’engager les réformes nécessaires, les autorités compétentes ont souvent privilégié des réponses ponctuelles, sans traiter les causes profondes des difficultés.

Aujourd’hui encore, la réponse apportée repose essentiellement sur des promesses. La future Délégation de Service Public (DSP) est présentée comme la solution qui permettra enfin de tourner la page. Peut-être. Mais sur quels engagements précis ? Quels objectifs mesurables ? Quels délais ? Quels moyens de contrôle ? À ce jour, les usagers disposent de peu d’éléments permettant de juger de la réalité des changements annoncés.

Cette absence de visibilité nourrit naturellement la méfiance. Beaucoup de Martiniquais craignent que l’on cherche surtout à gagner du temps jusqu’aux prochaines échéances électorales de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), en espérant que la colère s’estompe avant que les électeurs ne se rendent aux urnes.

Cette perception existe dans une partie de l’opinion publique et ne pourra être dissipée que par des actes concrets, et non par de nouvelles annonces.

Mais au-delà du fonctionnement quotidien du réseau, une autre question mérite une réponse claire : celle de la situation financière de Martinique Transport.

Cet établissement public gère des moyens importants issus de l’argent des contribuables. Les citoyens sont donc en droit de connaître l’état réel de ses finances. Quels sont les montants exacts des déficits ? Quelles dépenses ont contribué aux difficultés actuelles ? Quels choix de gestion ont été effectués ? Quels audits ont été réalisés ? Quelles mesures correctrices sont mises en œuvre ?

La transparence ne peut être à géométrie variable. Lorsqu’un service public essentiel connaît une telle dégradation, les usagers ne peuvent se satisfaire d’explications générales. Ils attendent des chiffres, des bilans, des responsabilités clairement établies et des engagements précis pour éviter que les mêmes erreurs ne se reproduisent.

Car pendant que les voyageurs subissaient les conséquences d’un réseau défaillant, les dépenses de fonctionnement de la structure, elles, continuaient. Cette réalité alimente les interrogations sur l’utilisation des ressources publiques et renforce la demande légitime de contrôle démocratique.

Les transports publics ne constituent pas un simple service parmi d’autres. Ils conditionnent l’accès à l’emploi, aux études, aux soins, aux démarches administratives et à la vie sociale. Lorsqu’ils cessent de fonctionner correctement, c’est toute l’économie et toute la cohésion sociale qui sont affectées.

Les Martiniquais ne réclament pas l’impossible. Ils demandent simplement un réseau fiable, des horaires respectés, une information claire, une gestion responsable et une utilisation transparente de l’argent public.

La confiance ne se décrète pas. Elle se construit par des résultats, par la transparence et par l’acceptation des responsabilités lorsque les politiques publiques échouent.

L’heure n’est plus aux promesses répétées ni aux effets d’annonce. Elle est à l’évaluation honnête des erreurs passées, à la publication des informations financières, à la mise en place d’une gouvernance plus exigeante et à un véritable plan de redressement.

Parce qu’au final, ce ne sont ni les élus ni les dirigeants qui attendent chaque matin un bus qui ne vient pas. Ce sont les Martiniquais. Et ils méritent enfin un service public digne de ce nom.

Par Kambutcha Magazine

Écrit par: Paul Julio

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