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La déportation des résistants antillais vers la Corse : une histoire oubliée

today05/06/2026 5 2 5

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En 1802, sous les ordres de Napoléon Bonaparte, des centaines de Guadeloupéens et Haïtiens furent arrachés à leur terre et envoyés de force en Corse. Leur crime ? Avoir refusé le retour à l’esclavage. Voici l’histoire occultée d’une déportation politique et raciale qui a marqué l’histoire de France, entre oubli, souffrance et résilience

Une histoire largement absente des manuels scolaires

Lorsque l’on évoque l’histoire de France à l’école, les élèves apprennent généralement la Révolution française, l’Empire napoléonien ou encore les grandes guerres mondiales. Pourtant, certaines pages de l’histoire coloniale française demeurent peu connues du grand public et rarement abordées dans les programmes scolaires.

Parmi elles figure le destin tragique de centaines d’hommes originaires de Guadeloupe et de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), déportés au début du XIXe siècle après avoir résisté au rétablissement de l’esclavage voulu par Napoléon Bonaparte.

1802 : le retour de l’esclavage

En 1794, la Révolution française avait officiellement aboli l’esclavage dans les colonies françaises. Cette décision avait suscité un immense espoir parmi les populations réduites en servitude.

Mais en 1802, devenu Premier Consul, Napoléon Bonaparte décide de rétablir l’esclavage dans plusieurs colonies françaises. Cette décision provoque une forte résistance dans les territoires concernés, notamment en Guadeloupe.

Des hommes libres, des anciens esclaves et des militaires refusent de voir disparaître les acquis obtenus après des années de lutte.

La résistance de Delgrès et de ses compagnons

Parmi les figures emblématiques de cette résistance figure Louis Delgrès, officier guadeloupéen devenu symbole du combat pour la liberté.

Face aux troupes envoyées par la France pour reprendre le contrôle de la colonie, Delgrès et ses compagnons choisissent la résistance plutôt que la soumission.

Le conflit est violent. Après plusieurs affrontements, la répression s’abat sur les insurgés.

Pourquoi cette histoire mérite d’être enseignée

L’objectif n’est pas d’opposer les mémoires ni de réécrire l’histoire, mais de la compléter.

L’histoire de la déportation de résistants antillais vers la Corse rappelle plusieurs réalités :

  • la lutte pour la liberté menée par des hommes et des femmes des colonies ;
  • les conséquences du rétablissement de l’esclavage en 1802 ;
  • les mécanismes de répression utilisés contre les opposants ;
  • l’importance de préserver toutes les mémoires qui composent l’histoire de France.

Une meilleure connaissance de ces événements permettrait aux nouvelles générations de comprendre que l’histoire nationale ne s’est pas construite uniquement en Europe, mais aussi dans les territoires ultramarins.

L’exil forcé vers la Corse

Après la défaite de la résistance, plusieurs centaines de prisonniers sont arrêtés.

Selon différentes recherches historiques, certains d’entre eux sont envoyés loin de leur terre natale, notamment en Corse.

Pour ces hommes, l’exil représente une double peine : l’éloignement de leur famille et la perte de leur liberté.

Arrachés à la Guadeloupe ou à Saint-Domingue, ils découvrent une île dont ils ne connaissent ni la langue, ni les coutumes, ni le climat.

Cette déportation avait également une dimension politique : éloigner les résistants afin d’empêcher toute nouvelle révolte dans les colonies.

Une mémoire longtemps oubliée

Pendant des décennies, cette histoire est restée peu connue en dehors des travaux de certains historiens et associations mémorielles.

Les descendants des populations antillaises ont souvent dénoncé le manque de visibilité accordé à ces événements dans le récit national.

Pour eux, comprendre cette période permet de mieux saisir les conséquences humaines du système colonial et des politiques menées au début du XIXe siècle.

Ne pas oublier cette partie de l’esclavage que l’éducation occulte dans les livres histoire.

Aujourd’hui encore, des historiens, chercheurs et associations travaillent à faire connaître cette page méconnue du passé.

Parce qu’une nation se construit aussi par la connaissance de son histoire dans toute sa complexité, beaucoup estiment que ces événements méritent une place plus importante dans la transmission de la mémoire collective.

Se souvenir, ce n’est pas raviver les divisions. C’est reconnaître les faits, honorer ceux qui ont lutté pour leur liberté et permettre aux générations futures de mieux comprendre le chemin parcouru.

Par Kambutchat Magazine

Écrit par: Paul Julio

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